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Biographie

Mes premiers pas en musique

La musique a croisé mon chemin lorsque j’étais enfant. Le père Noël avait alors eu la merveilleuse idée de déposer sous le sapin un petit piano mécanique d’une octave et demie. Je me souviens de cet instrument comme si c’était hier.

Vers l’âge de 5 ans, mon plus grand jeu, était alors de reproduire d’oreille et bien souvent de mémoire, toutes les mélodies que j’entendais ou que j’avais en tête.

Par chance, ma grand-mère paternelle avait chez elle un véritable piano. Un piano qui lui avait été offert pour ses 7 ans et qu’elle avait toujours conservé, mais sans jamais l’accorder.

Lorsqu’il arrivait durant les jours de congé que j’aille passer du temps chez elle, c’était un vrai bonheur.

Ma grand-mère était une véritable musicienne. Elle chantait tout le temps et m’encourageait lorsque la mélodie que j’improvisais sur son piano lui rappelait un air connu.

Ce sont des souvenirs impérissables qui ont forgé mon âme de musicien. Ma grand-mère a beaucoup compté pour moi.

Vers l’âge de 9 ans, mon père a eu la bonne idée de déposer sur mon chevet des livres, ou plutôt des manuels de programmation.

Je m’y suis plongé à fond et je me suis amusé à transformer l’ordinateur en instrument de musique, mais pas seulement.

J’ai développé toutes les applications dont j’avais envie ou que je rêvais d’avoir. 

J’ai ainsi acquis des compétences importantes qui m’ont très souvent tirées d’affaires et me servent encore tous les jours.

Mes débuts à la guitare

Ma première guitare fait son apparition au cours de ma 17ᵉ année. Une guitare électrique Aria Pro II rouge et blanche type Stratocaster. 

C’est une révélation.

Je m’y consacre jour et nuit. 

Je ne fais plus rien à l’école. 

Le programme scolaire m’intéresse peu, mes notes dégringolent. 

Seul le cours de philosophie de terminale me passionnera véritablement.

Afin d’avoir des bases solides, je prends quelques cours particuliers avec un guitariste qui s’apprête à monter sa propre école de musique, mais dans une autre région.

Il m’apporte des clés qui me permettront d’être rapidement autonome, et surtout il me transmet sa passion pour l’instrument.

À son départ, j’apprends principalement en autodidacte. 

Je relève d’oreille tout ce que je souhaite jouer. Mes cassettes et mes CD tournent jusqu’à l’usure. 

Bien souvent, je ne quitte pas ma guitare sans avoir réussi à jouer ce que je voulais.

Les murs de ma chambre sont tapissés de mes guitaristes préférés, Jimi hendrix, Eric Clapton, Son House, et bien d’autres encore.

Ma rencontre avec le Jazz

En juin 1995, mon Bac en poche, je décide de m’inscrire à l’American School of Modern Music de Paris

Une école de Jazz très réputée. Même si le cursus semble assez difficile, je suis certain qu’en sortant de cette école toutes les portes me seront ouvertes.

Je n’ai malheureusement pas le bagage requis pour le concours d’entrée.

Je n’ai aucune connaissance en harmonie et je ne sais pas lire la musique. 

J’obtiens un beau 0 sur 20. François Fichu, l’examinateur, me suggère de prendre des cours et de retenter le concours l’année suivante.

Sur les conseils d’un autre professeur, je me présente au concours de l’école Atla (Paris) qui propose un cycle de professionnalisation.

C’est Romane, le célèbre guitariste de jazz manouche qui me reçoit. Pour lui, je peux sans problème intégrer l’école.

J’étudie l’harmonie du jazz avec Sébastian Derek. C’est un monde passionnant. 

L’harmonie est une seconde révélation. Cela m’amuse terriblement. L’analyse devient un jeu.

Je passe beaucoup de temps chez les disquaires. J’acquiers mes premiers vinyles de jazz, dont Africa/Brass de John Coltrane et Money Jungle de Duke Ellington que je vais écouter en boucle.

Je poursuis mes études en musicologie à l’Université Paris 8. 

J’y découvre l’ethnomusicologie, l’orchestration et l’ingénierie du son.

J’apprends à lire la musique.

J’apprends à écrire de la musique dans le style de Jean-Sébastien Bach

J’étudie les travaux de L’IRCAM et de Karlheinz Stockhausen.

L’idée initiale d’étudier à l’American School ne m’a pas quitté.

Désormais je sais lire la musique, et j’ai une très bonne compréhension de l’harmonie jazz et classique.

Je me présente à nouveau au concours.

Cette fois-ci, je suis reçu avec 19 sur 20. Yes !

J’entame le cursus dans la classe de François Fichu parallèlement à mes études universitaires.

Une très mauvaise technique

Malheureusement, mes études de musique devront s’arrêter à la fin de la première année de l’American School.

Je travaille beaucoup mon instrument mais avec une horrible technique main gauche, et une mauvaise posture.

Résultat : une tendinite !

Une pause aurait été bénéfique, mais je continue à jouer pour valider les examens. 

En fin d’année, la tendinite est trop douloureuse, il m’est devenu impossible de jouer. Je ne suis plus en mesure de passer le concours. .

François Fichu m’accepte tout de même en 2ᵉ année, mais je dois renoncer pour cause de service militaire.

Ne pouvant plus jouer de musique, je ne peux pas comme prévu intégrer la section musique à l’armée. Les divers travaux d’intérêts généraux vont aggraver ma tendinite.

Après l’armée, mes compétences en informatique me permettent de trouver rapidement un emploi comme développeur.

Je vais exercer ce métier 12 années durant, comme ingénieur certifié (ZCE), à différents niveaux de responsabilités.

L’épisode de la tendinite est une expérience très importante. Cela m’a fait prendre conscience que la posture et la position des mains sur l’instrument sont des points essentiels à ne pas négliger.

Je dois tout recommencer de zéro

En 2006, ne plus jouer de musique commence à me démanger sérieusement. Je ne peux toujours pas jouer de guitare sans douleurs, mais je peux jouer d’autres instruments.

J’intègre alors le groupe Sambaloelek en tant que percussionniste. Les scènes s’enchaînent régulièrement à Londres, Barcelone, Marseille, ou Genève.

En 2008, je décide de reprendre ma guitare. 

Je suis des cours de guitare classique à Lausanne avec Rodrigo Valenzuela.

Je reprends tout de zéro. 

Rodrigo va faire un travail formidable en corrigeant patiemment tous mes défauts.

Son approche de la guitare classique me convient parfaitement. Un répertoire très moderne qui inclut également des arrangements Jazz.

Parallèlement à mon poste de développeur, je consacre 2 à 3h de pratique quotidienne, avec un travail approfondi de la main droite.

90% des guitaristes négligent le travail de la main droite. Trop long, trop fastidieux, trop ennuyeux. 

Mais c’est un écueil important. Une main droite en difficulté, reporte des tensions dans la main gauche. 

Je comprends que la souplesse et la fluidité de la main gauche dépendent de la main droite.

Pour progresser plus rapidement, je laisse une guitare sur mon lieu de travail, ce qui me permet de pratiquer pendant les pauses.

Je supporte de moins en moins le travail de bureau, les réunions inutiles et les délais de production. La finalité de ce que je dois programmer jour après jour n’a à mes yeux aucun sens.

J’ai besoin de changer d’air. J’ai besoin d’être libre. 

J’ai besoin de faire quelque chose d’utile pour une cause noble.

J’ai besoin d’un emploi avec un résultat tangible et qui rende les gens heureux.

Je reprends la musique pour enseigner

En 2011 je profite d’une opportunité pour quitter mon emploi de développeur et me consacrer entièrement à la guitare.

Durant l’année qui suit, je joue 8h par jour.

Grâce à un programme sur mesure, une technique solide et une méthode de travail efficace, j’atteins rapidement un niveau qui va bien au-delà de mes espérances.

En 2013, je décroche un poste de professeur de guitare classique et folk dans une école de musique. Je suis très heureux, mais financièrement c’est assez difficile, car en faisant le grand saut, j’ai divisé mes revenus par 5.

Je deviens cette même année l’heureux papa d’une merveilleuse petite fille. Il va falloir faire le grand écart avec l’emploi du temps pour concilier vie de famille et enseignement. Ce qui n’est pas simple.

Afin d’avoir un revenu qui ne soit pas synonyme d’argent de poche, je dois cumuler plus 50 élèves en cours individuels par semaine en plus des cours collectifs, des activités péri-scolaires et des projets annexes.

Je n’ai plus le temps de jouer de musique, ni de travailler mon instrument. Je rentre souvent tard le soir. Pour ma famille qui vient de s’agrandir ce n’est pas facile. Je suis fatigué !

En 2018, la famille s’agrandit à nouveau. Une seconde petite merveille.

Je décide de prendre un congé parental pour m’occuper pleinement de mes filles. Je veux être un papa présent !

Papa à la maison est un boulot fantastique mais qui occupe allègrement les jours et les nuits.

Malgré tout, je teste plusieurs stratégies pour essayer de maintenir la souplesse et un répertoire. Mais le manque de temps et surtout de régularité rendent les choses difficiles.

Pour autant, je ne baisse pas les bras. Je m’accroche ! 

Je dois revoir ma stratégie pour être efficace

Mes années d’enseignement m’ont largement démontré l’importance de la psychologie pour apprendre efficacement. 

Le cerveau est un outil incroyable. Avec les bonnes approches et une concentration aiguisée, il est possible de profiter du mécanisme de consolidation tout en faisant autre chose.

Je me plonge dans la lecture des travaux de K. Anders Ericsson, Cal Newport, Piotr Wozniak et Daniel Kahnemann.

Parallèlement je débute en ligne, un cursus en neurosciences à l’université de Harvard.

Lire et étudier sont des activités plus simples à maintenir. 

Je peux travailler de façon morcelée par courtes périodes. Résoudre des équations sur la circulation des flux de molécules au sein de l’axone d’un neurone peut se faire lorsque 5 minutes se libèrent. 

Pour la vie de famille, cette stratégie est parfaite.

Côté musical, me voilà revenu quelques années en arrière. La souplesse et le répertoire que j’avais acquis ont largement fondu.

Cependant, le désir de jouer de la musique et plus particulièrement de la guitare ne s’est pas estompé. 

Au fil de mes lectures, j’ai appris à affiné mes objectifs, et définir le répertoire que je souhaite avoir.

Les ouvrages de K. Anders Ericsson m’ont ouvert de nouvelles portes, de nouvelles pistes pour apprendre plus rapidement et plus efficacement.

La plus jeune de mes filles va rentrer à l’école en septembre 2021. Je vais disposer d’un peu plus de temps. J’ai donc décidé de tout reprendre dans les moindres détails pour ne plus laisser filer mes rêves. 

Car oui j’ai toujours la ferme intention de devenir le guitariste dont je rêve !

A travers ce blog je souhaite partager avec vous ce qui m’anime, ma passion pour la guitare et mes expériences sur la pratique délibérée.

À très vite sur Guitare Pratique !

Sébastien Tiphaine